J’ai eu à relever dans un précédent écrit que la stratégie de nos gouvernants qui consiste à laisser faire des qu’il s’agit de subversion de masse, ne peut que déboucher sur des impasses. L’exemple du football et de tout ce qui se passe en cette fin de saison est édifiant à ce propos.Je ne veux pas débattre de la violence dans le sport roi, qui n’est pas propre à notre pays, et qui exige des espaces plus conséquents et des compétences diverses et avérées, mais de la réaction des pouvoirs publics face à l’intrusion de la rue dans la gestion des affaires du foot.
Car, il y a belle lurette que certains présidents de clubs utilisaient la carte des supporters pour faire pression sur les instances dirigeantes, les arbitres et les officiels. Il y a quelques années, un de ces sbires de la balle ronde par exemple a carrément menacé un arbitre d’un autre 5 octobre si son équipe venait à perdre le match, un autre a envoyé un bus de supporters au siège de la ligue pour que celle-ci tranche en sa faveur. Des déclarations telles que « je ne suis pas responsable de la réaction des supporters si … » sont légion sur la presse sportive.
D’un autre coté, des marrées humaines envahissent les sièges des clubs pour destituer tel entraineur ou tel dirigeant, ou agresser carrément des joueurs ! La rue, face au laxisme de l’état, s’est petit à petit emparé de tous les espaces qu’on lui a cédés. Apres la gestion des clubs, maintenant elle s’approprie la ligue et la fédération.
Les nouvelles techniques sont soit d’envahir les sièges de ces organismes, soit de bruler sa ville pour que son club fétiche ne rétrograde pas. Avec les émeutes de Bou Saada, on a porté le nombre de pensionnaires de la DII à 19. On parle aujourd’hui d’une DI à 20 ou 24 pour repêcher le MCO. La ligue vient par ailleurs de trancher dans un dossier extrêmement délicat en 10 minutes chrono, alors qu’elle été assiégée par des milliers de supporters !Pour n’avoir pas pu remettre à leur place deux ou trois présidents véreux et quelques dizaines de voyous autoproclamés supporters, l’état est contraint aujourd’hui de céder face à l’émeute généralisée en projetant de modifier le système de compétition qui n’a rien à avoir ni avec la violence ni avec le niveau médiocre du foot ball algérien.
Au lieu de gérer le pays avec les prérogatives d’autorité que lui confère la loi, il joue au pompier de service. Et au lieu de s’inquiéter de son recul dans tous les domaines de la vie publique, il jubile sur la paix et l’ordre retrouvés pour quelques jours. Jusqu’à quand, jusqu’où, toute la question est là !
publié par B_Nacer dans: Actualites



